Envoyer un colis volumineux : quelles solutions pour transporter un objet encombrant ?

un livreur avec un gros colis
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Une commode repérée à 350 kilomètres sur un site de seconde main. Un vélo à envoyer à son fils étudiant. Un fauteuil vendu en quelques heures, mais à un acheteur qui vit dans une autre région. Sur l’écran, la transaction est réglée. Dans le monde réel, une question reste entière : comment faire voyager l’objet ?

C’est généralement à ce moment que les choses se compliquent. Tant que l’envoi tient dans un carton classique, les solutions ne manquent pas. Dès qu’il devient trop long, trop large, trop lourd ou simplement difficile à manipuler, les règles changent.

Un colis volumineux n’est d’ailleurs pas nécessairement très lourd. Une guitare dans son étui, un pare-chocs automobile, un fauteuil ou un vélo peuvent occuper beaucoup d’espace sans afficher un poids impressionnant sur la balance.

Pour choisir une solution de transport, il faut donc regarder autre chose que les kilos : les dimensions, la forme de l’objet, sa fragilité, les conditions de manutention et la distance à parcourir. Selon les cas, la réponse pourra être un réseau postal, un transporteur spécialisé, du groupage ou le cotransportage avec un particulier effectuant déjà le trajet.

 

À partir de quand un colis devient-il vraiment volumineux ?

Il n’existe pas de définition universelle du colis volumineux. Chaque réseau travaille avec ses propres contraintes.

Pour un Colissimo expédié depuis un point de contact postal vers la France métropolitaine, le poids peut atteindre 30 kg. Le format standard prévoit une somme longueur + largeur + hauteur ne dépassant pas 150 cm, avec une longueur maximale de 100 cm. Certains colis plus grands peuvent également être acceptés jusqu’à 200 cm, avec un traitement et une tarification spécifiques.

Mondial Relay applique actuellement d’autres limites pour ses envois standards : 25 kg maximum, une somme longueur + largeur + hauteur qui ne doit pas dépasser 150 cm et un côté maximal de 120 cm.

Ces restrictions ne sont pas arbitraires. Derrière une livraison se trouvent des convoyeurs, des cages, des quais, des casiers et des véhicules conçus pour traiter rapidement des milliers de paquets.

Un carton compact de 22 kg s’intègre facilement dans cette organisation. Un fauteuil de 18 kg beaucoup moins.

Le poids ne raconte donc qu’une partie du problème.

 

2 personnes qui déménagent un canapé emballé

 

Avant de chercher un transporteur, mesurer réellement l’objet

« Ça doit faire un mètre environ. »

Cette phrase suffit parfois à transformer un rendez-vous de chargement en mauvaise surprise.

Un conducteur arrive avec un véhicule qui semblait suffisamment grand. Le meuble entre théoriquement dans le coffre une fois les sièges rabattus. Problème : il manque cinq centimètres pour le faire passer par le hayon.

Pour un objet encombrant, il faut mesurer la longueur, la largeur et la hauteur, idéalement une fois l’objet préparé pour son transport.

Lorsqu’un élément peut être démonté sans risque, autant le prévoir. Les pieds d’une table, les roues d’un vélo ou certaines parties d’un meuble peuvent transformer radicalement le volume nécessaire.

Le poids mérite la même précision. Une estimation raisonnable est déjà beaucoup plus utile qu’un vague « pas très lourd ».

Il faut enfin regarder la forme. Un lave-linge est lourd mais relativement compact. Une table peut peser beaucoup moins tout en occupant la moitié d’un utilitaire. Un grand miroir ajoute une autre contrainte : il est à la fois encombrant et fragile.

Trois objets de 30 kg peuvent donc nécessiter trois solutions de transport complètement différentes.

 

Le transport classique reste pertinent lorsque l’objet entre dans les standards

Un colis volumineux n’impose pas automatiquement de chercher une solution alternative.

Si l’objet emballé respecte les limites du réseau choisi, un opérateur traditionnel conserve de sérieux avantages : organisation nationale, suivi de l’acheminement, procédures établies et nombreux points de dépôt ou de retrait.

Un carton de 20 kg correctement conditionné peut parfaitement entrer dans ce circuit.

La difficulté commence lorsque l’on se rapproche des limites : quelques centimètres supplémentaires, une forme irrégulière, un objet qui ne peut pas être posé dans toutes les positions ou un poids qui rend la manutention classique difficile.

À ce moment, chercher à faire entrer coûte que coûte l’objet dans le réseau prévu pour des colis standardisés devient rarement la meilleure solution.

Il faut changer de raisonnement.

 

Pour une charge très lourde, le transport professionnel reste difficile à remplacer

Une machine-outil, une palette de marchandises ou plusieurs meubles très lourds ne présentent pas le même problème qu’un vélo.

Il faut parfois un hayon. Un transpalette. Deux personnes pour la manutention. Un véhicule offrant une charge utile importante. Dans certaines situations, la marchandise doit également respecter des conditions particulières pendant le trajet.

Le recours à un professionnel prend alors tout son sens.

Le groupage peut aussi permettre de mutualiser une partie du transport : plusieurs marchandises partageant un même véhicule plutôt que d’organiser un déplacement exclusivement pour un seul envoi.

Un piano situé au quatrième étage sans ascenseur permet de comprendre immédiatement la différence. Le problème n’est pas seulement de trouver un véhicule suffisamment grand. Il faut réussir à sortir l’objet du logement, le charger sans l’endommager puis reproduire l’opération à destination.

Un objet encombrant est parfois autant un problème de manutention qu’un problème de transport.

 

Le cotransportage ouvre une autre possibilité pour les objets hors format

Entre le carton parfaitement adapté aux réseaux traditionnels et la marchandise nécessitant une prestation logistique lourde existe une grande zone intermédiaire.

On y trouve des vélos, des meubles, des équipements de sport, des pièces automobiles, de l’électroménager ou encore quelques cartons issus d’un petit déménagement.

C’est précisément là que le cotransportage apporte une réponse différente.

Imaginons un conducteur qui doit rejoindre Bordeaux depuis Nantes samedi matin. Il effectue ce déplacement pour son propre compte et possède un break dont le coffre est largement disponible. Au même moment, quelqu’un cherche à faire parvenir un vélo entre ces deux villes.

Le déplacement existe déjà. Le véhicule possède la capacité nécessaire. Le vélo peut donc profiter du trajet au lieu de provoquer l’organisation d’un transport entièrement dédié.

Cette logique permet notamment d’envoyer un colis volumineux entre particuliers lorsqu’un meuble, un vélo ou un autre objet encombrant peut être pris en charge par un véhicule adapté effectuant déjà un itinéraire compatible.

La différence avec un réseau standardisé est importante. Le gabarit n’est plus uniquement déterminé par la taille d’un casier ou les contraintes d’un convoyeur. Il dépend du véhicule réellement disponible.

Une citadine permettra certaines choses. Un break en permettra d’autres. Un utilitaire ouvrira encore davantage de possibilités.

Il existe évidemment toujours des limites. La charge utile du véhicule doit être respectée, l’objet doit pouvoir passer par l’ouverture de chargement et son installation ne doit compromettre ni la visibilité ni la sécurité des occupants.

Mais la question change.

On ne demande plus seulement : « mon objet respecte-t-il le format imposé ? »

On cherche : « quel véhicule adapté va déjà dans la bonne direction ? »

 

Un canapé n’est pas un carton que l’on aurait simplement agrandi

Le terme « colis volumineux » peut induire en erreur.

Il laisse penser qu’un canapé, un vélo ou une commode peuvent être préparés comme un petit paquet, avec simplement davantage de carton et de ruban adhésif.

Ce n’est pas toujours souhaitable.

Pour une commode transportée directement dans un véhicule, un carton intégral sur mesure peut être inutile. Cela ne signifie pas qu’elle doit voyager sans protection.

Les angles peuvent être protégés. Les surfaces sensibles couvertes. Les tiroirs doivent être immobilisés. Si les pieds ou les poignées peuvent être retirés sans risque, les démonter réduit parfois considérablement les difficultés de chargement.

Les petites pièces méritent un traitement très simple : un sachet fermé et identifié. Rien de plus agaçant que de recevoir une table intacte et de découvrir que deux vis sont restées au fond du véhicule.

Avec un vélo, on peut selon les besoins retirer une roue ou tourner le guidon. Pour un appareil électroménager, il faut respecter les précautions correspondant au produit et aux recommandations de son fabricant.

La bonne protection est celle qui correspond à l’objet et à la manière dont il va réellement voyager.

 

Une couverture ne remplace pas toujours un emballage

La couverture de déménagement est devenue presque indissociable du transport de meubles. À raison : elle protège efficacement certaines surfaces contre les frottements et les petites rayures.

Elle n’est pourtant pas une solution universelle.

Un miroir, une télévision, une vitre ou un objet particulièrement fragile demandent davantage de précautions. Une simple couverture souple ne protège pas correctement contre un choc important ou une pression localisée.

Il faut également penser au mouvement.

Un objet parfaitement protégé mais libre de glisser dans le coffre peut s’endommager au premier freinage. Le calage et l’arrimage sont donc aussi importants que la protection extérieure.

Avant le départ, une question très simple permet d’identifier une partie des problèmes : que va faire cet objet si le conducteur doit freiner brutalement ?

Si la réponse est « traverser le coffre », le chargement n’est pas terminé.

 

Moins de manipulations ne signifie pas zéro risque

L’un des intérêts d’un transport direct tient au nombre réduit d’intermédiaires.

Dans une organisation classique, un colis peut être chargé, déchargé, trié puis transféré entre différentes infrastructures avant d’arriver à destination. Le cotransportage peut simplifier cette chaîne : remise au conducteur, trajet, remise au destinataire.

Pour un meuble ou un objet fragile, réduire le nombre de manipulations peut être intéressant.

Mais aucune solution de transport ne permet raisonnablement de promettre l’absence totale de risque.

Un meuble mal chargé peut être abîmé dans n’importe quel véhicule. Une télévision insuffisamment protégée reste fragile même si personne n’y touche pendant 400 kilomètres.

La remise directe simplifie la chaîne. Elle ne dispense pas de préparer correctement l’objet.

 

Le détour peut transformer une bonne idée en mauvais calcul

Le cotransportage repose sur un principe précis : le conducteur effectue son déplacement pour son propre compte et le colis profite de ce trajet.

Cela signifie que la proximité avec l’itinéraire initial compte beaucoup.

Prenons un conducteur qui doit parcourir 350 kilomètres. L’objet peut être récupéré cinq kilomètres après son départ et livré à quelques rues de sa destination. Le transport s’intègre naturellement au voyage.

Changeons les adresses. Il faut maintenant parcourir 25 kilomètres dans la mauvaise direction au départ puis 30 kilomètres supplémentaires à l’arrivée.

L’équation n’est plus la même.

Carburant, temps, kilomètres supplémentaires : le trajet du colis commence progressivement à prendre le dessus sur celui du conducteur.

Pour que la mutualisation conserve son intérêt, une règle résume assez bien la situation : l’objet doit profiter du trajet existant, pas provoquer un nouveau trajet.

 

L’annonce doit permettre de savoir immédiatement si l’objet rentre

« Meuble à transporter. »

Pour le conducteur, l’information est presque inutilisable.

Une annonce efficace ressemble plutôt à ceci : « Commode de 115 × 82 × 46 cm, environ 32 kg, pieds non démontables, à récupérer au premier étage. Une personne peut aider au chargement. »

En quelques secondes, on comprend la situation.

Les dimensions doivent être accompagnées d’une photographie récente. La forme d’un objet peut révéler des contraintes qu’un chiffre ne montre pas.

Les conditions d’accès comptent également. Ascenseur ou escalier ? Stationnement possible devant le bâtiment ? Objet déjà démonté ? Quelqu’un sera-t-il présent pour aider ?

Ces informations paraissent secondaires lorsque l’on publie une annonce depuis son canapé.

Elles deviennent très importantes lorsque le conducteur est garé en double file devant un immeuble et découvre qu’une armoire de 80 kg l’attend au troisième étage.

 

une antiquaire sur un canapé protégé par du plastique

 

Le poids ne dit rien de la difficulté à porter l’objet

Deux cartons de 20 kg représentent 40 kg.

Une commode de 40 kg aussi.

Essayez pourtant de descendre les deux dans un escalier : l’expérience n’a rien de comparable.

Un carton possède généralement des dimensions raisonnables et peut parfois être déplacé seul. Une commode peut être large, difficile à saisir et impossible à tourner sur un palier étroit.

Pour les objets encombrants, la manutention doit donc être anticipée dès le choix du transport.

Qui charge ? Qui décharge ? Faut-il deux personnes ? L’objet passe-t-il dans les portes ? Peut-il être démonté ? Le conducteur dispose-t-il réellement de la place nécessaire une fois ses propres bagages chargés ?

Le voyage ne commence pas lorsque le moteur démarre.

Il commence lorsque l’objet doit quitter l’endroit où il se trouve.

 

Pour un objet de valeur, regarder les garanties avant le prix

Un dernier critère mérite d’être examiné avant de choisir : la valeur du bien.

Les conditions d’assurance ou de garantie varient selon les transporteurs, les plateformes et les services utilisés. Plafonds d’indemnisation, exclusions, franchises, justificatifs demandés et conditions d’emballage peuvent différer sensiblement.

Pour un meuble courant, cette question ne prendra pas nécessairement la même importance que pour une pièce de collection, un instrument coûteux ou un objet irremplaçable.

Prendre quelques photographies avant le départ permet au minimum de conserver une trace de son état.

Plus la valeur ou la fragilité augmente, moins le tarif doit être le seul arbitre.

 

Choisir le transport à partir de l’objet, et non l’inverse

La meilleure solution pour expédier un objet encombrant n’est donc pas systématiquement la moins chère, la plus connue ou la plus rapide.

Elle dépend d’abord de ce que l’on a devant soi.

Un carton lourd mais compact qui respecte les dimensions d’un réseau traditionnel peut parfaitement emprunter ce circuit.

Une palette ou une machine nécessitant du matériel de manutention appelle plus naturellement un professionnel équipé.

Un vélo, un meuble ou un objet atypique qui doit parcourir plusieurs centaines de kilomètres peut, lui, trouver sa place dans un véhicule effectuant déjà le trajet.

Le marché de la seconde main rend cette question de plus en plus concrète. Trouver un meuble à l’autre bout de la France prend quelques secondes. Le faire traverser le pays reste une opération physique, avec des centimètres, des kilos, des portes, des escaliers et un coffre dans lequel il faudra réellement entrer.

C’est peut-être la meilleure façon d’aborder le hors-format : ne pas commencer par demander quel transporteur accepterait l’objet.

Commencer par le mesurer, comprendre ses contraintes et déterminer les conditions dans lesquelles il peut voyager correctement.

Une fois cette question réglée, le choix du transport devient beaucoup plus simple.

 

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Envoi de vin : les risques

Image de Julien B.
Julien B.
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